Commerce extérieur : les entreprises françaises frileuses face aux pays émergents
Communiqué de presse - Le 17 mars 2008
Une étude internationale, publiée par l’assureur-crédit Atradius, révèle que :
- les entreprises françaises sont très en retard dans les échanges commerciaux avec les pays émergents (Chine, Inde, Russie, Mexique et Brésil) par rapport aux autres pays sondés,
- le manque d’information sur la solvabilité des clients potentiels, les influences politiques, la faiblesse du système légal et la corruption sont les risques majeurs dans le commerce avec les pays émergents,
- les entreprises novices dans les échanges commerciaux avec les pays émergents sous-estiment les risques commerciaux avec ces pays.
Atradius, spécialiste de l’assurance-crédit, a mené une étude sur les risques dans les échanges commerciaux avec les pays émergents dans six pays européens (Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Belgique, France et Allemagne). Plus de 1 200 responsables financiers appartenant à des entreprises de différents secteurs et impliquées dans le commerce international (des TPE aux multinationales) ont été interrogés.
1er enseignement : les entreprises françaises encore trop peu impliquées dans le commerce extérieur avec les pays émergents
Sur les six pays européens étudiés, la France se place au dernier rang des échanges commerciaux avec les économies émergentes et les Etats-Unis. Moins de 20 % des entreprises françaises entretiennent des relations commerciales sur ces marchés, alors que l’Italie ou la Grande-Bretagne, par exemple, y sont très actives. Près de la moitié des entreprises italiennes (45%) et un tiers des entreprises anglaises ont des activités commerciales avec ces pays.
En dehors des Etats-Unis, les pays avec lesquels les entreprises françaises entretiennent le plus d’échanges sont, de loin, la Chine (8%) et la Russie (7%). L’Inde n’arrive qu’en troisième position alors qu’elle semble apporter moins de risques que la Russie.
L’étude soumet un classement des risques les plus importants par pays selon les entreprises européennes. Les risques les plus cités, tous pays émergents confondus, sont le manque d’information sur la solvabilité des clients potentiels, les influences politiques, la faiblesse du système légal et la corruption.
En revanche, les taxes sont en général ce que craignent le moins les entreprises européennes sur ces marchés.
2ème enseignement : la Russie, pays le plus risqué
L’étude montre que la Russie est le pays cumulant le plus de risques majeurs. En particulier, la corruption est le risque le plus décrié. Un tiers des entreprises qui entretiennent des échanges commerciaux avec la Russie le mentionnent.
Pourtant, ce risque est largement sous-estimé par les entreprises qui ne sont pas encore présentes sur ce marché. Seulement 27% d’entre-elles craignent ce risque.
Outre la corruption, c’est l’insuffisance d’information sur la solvabilité des clients potentiels russes qui est sous-évaluée. Les entreprises n’ayant pas encore d’activité commerciale en Russie estiment ce risque à 18% contre 32% pour les entreprises expérimentées sur ce marché. C’est l’écart le plus important relevé dans l’étude d’Atradius.
3ème enseignement : des écarts de perception entre risques réels et risques présumés
Le Brésil connaît des écarts entre les risques mentionnés par les entreprises actives sur ce marché et les entreprises non-actives sur ce marché. Ces écarts concernent aussi bien les risques liés aux interventions politiques dans les échanges commerciaux, le manque de protection des créanciers et la faiblesse du système légal.
En Chine, c’est la faiblesse du système légal chinois qui est également sous-estimée. En effet, seulement 14% des entreprises inexpérimentées sur le marché craignent ce risque contre 26% des entreprises qui y sont actives.
Quant au Mexique, c’est le risque de corruption qui est cité comme risque majeur. Là encore, des écarts se creusent entre entreprises expérimentées et non-expérimentées.
Pour Eric Lenoir, Directeur Risques d’Atradius pour l’Europe du Sud, « même si les marchés émergents offrent un énorme potentiel aux entreprises françaises avec un taux de croissance à deux chiffres pour certains pays, cette opportunité peut rapidement se transformer en piège si d’importantes informations manquent sur leurs nouveaux partenaires commerciaux, et que leurs factures restent impayées ».
C’est pourquoi, il est nécessaire pour une entreprise qui souhaite s’implanter sur un marché émergent de se protéger.
Vous pouvez télécharger les résultats de l’étude en cliquant ici
A propos d’Atradius
Atradius est un des leaders de l’assurance-crédit, du cautionnement et du recouvrement de créances dans le monde. Implanté dans 40 pays, ses revenus s’élèvent au total à environ 1,8 milliard d’euros et ses parts de marché atteignent 31% au niveau mondial dans le domaine de l’assurance-crédit. Ses produits contribuent à la croissance des entreprises partout dans le monde en leur offrant une protection contre les risques de non-paiement liés à la vente de marchandises ou à la prestation de services à crédit. Atradius assure chaque année environ 465 millions de transactions commerciales contre le risque de non-paiement. Avec 160 bureaux, le groupe a accès à des informations commerciales sur plus de 52 millions de sociétés dans le monde et prend plus de 22.000 décisions par jour en matière de limites de crédit.
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